
André Dumont, journaliste indépendant, captive son auditoire lors de la soirée speed dating au dernier congrès de la FPJQ.
D’un côté il y a le sexe et de l’autre…le journalisme! Que vous soyez célibataires en quête d’aventure amoureuse ou bien journaliste à la recherche d’information nouvelle, le speed dating répondra à vos besoins. La journaliste à la Presse Canadienne, Lise Millette, a su innover lors du congrès de la Fédération des journalistes du Québec (FPJQ) qui avait lieu la fin de semaine dernière à Sherbrooke en proposant une soirée de speed dating à ses convives comme séance d’ouverture. «Habituellement, nous débutons par une soirée conférence avec un panel de discussion. Or, nous avions besoin de quelque chose de plus dynamique pour briser la glace entre les invités et le speed dating répond très bien à ce besoin. C’est une formule de réseautage actif», résume-t-elle.
Dans le cadre de cette soirée rencontre, Lise Millette a pris soin de cibler des questions concernant la thématique du congrès de la FPJQ Sortie de crise. La première question de la soirée était Comment percevez-vous l’avenir des médias? La fébrilité dans l’air, de futurs journalistes provenant de différents milieux attendaient impatiemment que le chronomètre démarre. Le coup d’envoi lancé, chacun muni d’un petit ruban de couleur, ils se sont dirigés rapidement vers une table où un professionnel de l’univers des médias les y attendait. Le temps filait et parfois, cinq minutes pour débattre de la question semblaient insuffisantes. «Selon la question abordée, parfois six minutes sont trop longues et parfois trop courtes», nous indique Valérie Houle, une étudiante en journalisme de l’UQAM. Malgré la contrainte de temps, Gino Vaillancourt, alias le Guerrier moderne, chroniqueur d’actualités exopolitiques sur les ondes de CKIA-FM à Québec, a trouvé cette idée de speed dating bien intéressante. «Le fait d’aborder plusieurs thématiques à l’inverse d’une idée continuelle dynamise les rapports et les échanges.» Bref, «une occasion bien originale d’élargir nos horizons et de faire de nouvelles rencontres», explique Joseph Aboud, étudiant de la Cité Collégial à Ottawa.
Le speed dating est une formule de réseautage actif, explique Lise Millette
Sortie ou début de crise?

Alec Castonguay, journaliste au Devoir et ancien étudiant de l'UQAM, explique à une apprentie journaliste les possibilités du futur.
Cet enthousiasme cachait toutefois une crainte palpable. Selon Alec Castonguay, journaliste au Devoir, dans un métier où l’on exige de plus en plus l’excellence et la polyvalence et dans lequel les postes se font de plus en plus rare, l’avenir incertain des journalistes était une question récurrente de la part des étudiants. Pour Marcel Courchesne, chef de l’information à Radio-Canada, «ce sera difficile, mais pour ceux qui sauront se démarquer, oui il y aura du travail, expliquait-t-il à des étudiants regroupés autour de lui. Il y en aura seulement pour la crème de la crème.» Alec Castonguay, diplômé de l’UQAM en 2003, se faisait plus rassurant. «La porte de sortie a été et restera toujours la même: être pigiste. Il faut élargir ses horizons et oser. Un journaliste doit se voir comme tel, mais d’abord et avant tout comme un marchand d’idées. Il doit faire preuve d’audace, de courage et de rigueur. » Mais ces qualités ne semblaient pas suffisantes pour Marcel Courchesne. «Aujourd’hui, un journaliste se doit d’être polyvalent pour se voir ouvrir des portes». Cette exigence inquiétait les jeunes journalistes assis autour du mentor. Or, faute de temps, plusieurs questions sont restées en suspend. Le débat a dû se terminer, ce qui a tout de même semblé être le seul bémol de la soirée.