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	<title>Journal (I) Média &#187; Florence Tison</title>
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	<description>webzine des étudiants en journalisme de l'UQAM</description>
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		<title>Une banderole et trois casseroles</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Dec 2009 17:49:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie à l'UQAM]]></category>

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		<description><![CDATA[Une poignée d&#8217;étudiants de l&#8217;UQAM et de divers cégeps se sont rassemblés mercredi midi pour protester contre la suspension de la Fondation canadienne des bourses d&#8217;études du millénaire (FCBÉM). Ils étaient une cinquantaine à brandir cinq pancartes et une banderole en tapant sur des casseroles qu&#8217;avait distribué l&#8217;Association pour une solidarité syndicale étudiante. Les membres [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une poignée d&#8217;étudiants de l&#8217;UQAM et de divers cégeps se sont rassemblés mercredi midi pour protester contre la suspension de la Fondation canadienne des bourses d&#8217;études du millénaire (FCBÉM). Ils étaient une cinquantaine à brandir cinq pancartes et une banderole en tapant sur des casseroles qu&#8217;avait distribué l&#8217;Association pour une solidarité syndicale étudiante. Les membres de l&#8217;ASSÉ craignent que la décision du gouvernement Harper n&#8217;augmente la dette des étudiants.</p>
<div id="attachment_8790" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><img class="size-full wp-image-8790" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/manif.jpg" alt="Les manifestants attendent le départ de la marche pour décrocher la banderole." width="300" height="223" /><p class="wp-caption-text">Les manifestants attendent le départ de la marche pour décrocher la banderole.</p></div>
<p><span id="more-8631"></span></p>
<p>«On veut étudier! On veut pas s&#8217;endetter!» martèlent les manifestants. La marche doit commencer au pied des marches du cégep du Vieux-Montréal, pour longer le boulevard René-Lévesque. Le commandant Alain Simoneau de la SPVM y va de conseils rapides aux organisateurs, avant le grand départ: «On fait ça dans les règles de l&#8217;art. Les règles de l&#8217;art!» insiste-t-il. Quelles sont-elles, ces règles de l&#8217;art? «Respecter le sens de la circulation, explique l&#8217;officier. S&#8217;ils veulent manifester, on va faire en sorte qu&#8217;ils soient bien protégés.» Un étudiant marmonne: «Ils vont nous protéger d&#8217;eux-mêmes?»</p>
<p>Tout ce beau monde déplore la perte d&#8217;une autre bourse étudiante. «Les bourses du millénaire ont eu pour effet bénéfique de réduire de 25% l&#8217;endettement étudiant», constate Christian Pépin, secrétaire à la coordination de l&#8217;ASSÉ. Maintenant qu&#8217;elles ne sont plus octroyées, les étudiants réclament ce qui leur est dû. Ils veulent une bonification de l&#8217;aide financière aux étudiants.</p>
<p>Un programme alternatif à la FCBÉM a été mis sur pieds lors du dernier budget fédéral: le Programme canadien des bourses aux étudiants (PCBÉ). Mais les sommes dont pourrait bénéficier l&#8217;éducation au Québec tardent à arriver. «Le problème, c&#8217;est qu&#8217;ils bloquent au niveau des négociations et ne transfèrent pas les sommes qui nous sont dues, indique Christian Pépin. Les sommes sont évaluées à beaucoup plus de 100 millions de dollars. Ça pourrait permettre une amélioration substantielle des prêts et bourses. On est ici pour rappeler au gouvernement fédéral que l&#8217;éducation est une compétence provinciale. On ne veut pas dédoubler nos programmes.»</p>
<p>Criblés de dettes</p>
<p>Cet argent, les étudiants en ont besoin, selon plusieurs manifestants rencontrés lors de la marche. «La pauvreté étudiante, c&#8217;est extrêmement répandu comme phénomène, constate le coordonnateur du journal de l&#8217;ASSÉ Gabriel Nadeau-Dubois. Moi-même, je suis dans cette situation-là. Mais j&#8217;ai eu la chance de bénéficier des bourses d&#8217;études du millénaire, alors je n&#8217;ai pas de dettes. Ce n&#8217;est vraiment pas tout le monde qui a eu cette chance-là, et si ça continue, plus personne ne va l&#8217;avoir.»</p>
<p>L&#8217;Aide financière aux études ne fournit plus et doit écrémer. Beaucoup d&#8217;étudiants ne sont pas éligibles en raison du salaire de leurs parents, même s&#8217;ils ne contribuent pas à payer les études de leurs enfants. «Plus de 50% des étudiants censés être aidés financièrement par leurs parents ne le sont pas, déplore le secrétaire à la coordination de l&#8217;ASSÉ. Ils reçoivent moins que ce dont ils ont besoin pour payer leurs études et vivre».</p>
<p>Avec moins de bourses et moins de prêts, les étudiants doivent consacrer davantage de leur revenu aux études. Pour le cégepien Christopher Gyorffy, c&#8217;en était trop. «J&#8217;ai mis un bémol sur ma session, parce qu&#8217;on m&#8217;a coupé mon aide financière. Alors je travaille à temps plein pour regarnir mes coffres pour retourner aux études. J&#8217;avais le choix entre manger et étudier et j&#8217;ai choisi de manger. Je pense que c&#8217;est un peu compréhensible.»</p>
<p>«J&#8217;ai de trois à quatre mille de dettes, et ça va augmenter à l&#8217;université!» se désole Christopher Gyorffy.</p>
<p>Ça ne lève pas</p>
<p>En attendant des jours meilleurs, le nombre de manifestants baisse de plus en plus au long de René-Lévesque. «Je trouve ça plate que ça ne lève pas plus que ça, confie Roxanne Anouk Malchelosse en distribuant des tracts. Je commence à être tannée d&#8217;avoir l&#8217;air <em>tit-coune</em> dans une petite manifestation comme ça. Ce n&#8217;était peut-être pas l&#8217;idée du siècle de faire une manif&#8217; le 2 décembre en fin de session. En même temps, le projet de loi passe le 5 janvier. Il faut faire quelque chose, mais on est comme trop serrés dans le temps.»</p>
<p>Mais ils ne sont pas serrés dans le boulevard, qu&#8217;ils ont à eux seuls. L&#8217;escorte policière semble bien plus nombreuse en comparaison des manifestants. «Ils ont des millions de policiers, il y en a au moins quatre de chaque côté, plus quatre voitures là-bas, dénombre un étudiant à la chemise carreautée. Les voitures ont été bloquées jusqu&#8217;en haut de Sherbrooke. Ils ont tout, tout, tout vidé, pour une toute petite manif comme nous. C&#8217;est comme présumer qu&#8217;on s&#8217;en va péter des fenêtres. C&#8217;est vraiment fascinant. On fait une manifestation, mais le gouvernement n&#8217;écoute pas. Il répond en envoyant des flics.»</p>
<p>Les étudiants vont-ils obtenir quelque chose, avec cette manifestation? «Sûrement, répond un policier à vélo. Bloquer des rues.» Plus tard, les manifestants ont occupé les bureaux de l&#8217;Agence du revenu du Canada, puis ceux du ministre québécois des Finances Raymond Bachand. La police les a délogés aux deux endroits. Le bilan: quelques gestes de brutalité, une arrestation, et tout le monde chez soi. C&#8217;est ainsi que, chacun de leur côté, les étudiants et le gouvernement tentent de refaire leur monde.</p>
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		<title>Pub-à-porter</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 19:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<description><![CDATA[La publicité quitte l&#8217;écran, le panneau et le haut-parleur pour se loger sur soi. Les casquettes arborant des marques sportives courent les rues. Les T-shirts de bière sont légion. Le logo des compagnies de prêt-à-porter orne visiblement chacune de leurs créations. Les gens sont devenus des enseignes publicitaires.

Si le phénomène n&#8217;est pas récent, la publicité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La publicité quitte l&#8217;écran, le panneau et le haut-parleur pour se loger sur soi. Les casquettes arborant des marques sportives courent les rues. Les T-shirts de bière sont légion. Le logo des compagnies de prêt-à-porter orne visiblement chacune de leurs créations. Les gens sont devenus des enseignes publicitaires.</p>
<div id="attachment_8083" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><img class="size-full wp-image-8083" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/Pub.jpg" alt="La publicité sur les T-shirts prend de la place." width="300" height="225" /><p class="wp-caption-text">La publicité sur les T-shirts prend de plus en plus de place dans la société.</p></div>
<p><span id="more-7816"></span></p>
<p>Si le phénomène n&#8217;est pas récent, la publicité propagée par le consommateur est en pleine expansion, selon Benoît Duguay, professeur à l&#8217;École des sciences de la gestion de l&#8217;UQAM. «Les casquettes de Budweiser, ça existe depuis 40 ans! Une marque, qu&#8217;est-ce, sinon de la pub? Prenons Pierre Cardin, par exemple. Dans les années 1970 et 1980, on voyait des chemises et des chaussures avec le P stylisé de la marque. Maintenant, ce procédé se fait toujours, mais ça prend d&#8217;autres formes. On stylise beaucoup plus, et le logo grossit.»</p>
<p>«Ce que je vois, poursuit le professeur, ce n&#8217;est pas une augmentation de la marque, mais une transformation de ce qu&#8217;elle est. On passe du petit logo au panneau complet.» La marque est très voyante. Une publicité peut prendre tout le devant ou l&#8217;arrière d&#8217;un chandail. «C&#8217;est une tendance qu&#8217;on voit depuis quelques années.»</p>
<p>«Depuis les années 1960, on remarque aussi une explosion du nombre de marques qui existent» ajoute Benoît Cordelier, professeur au département d&#8217;études sociales et publiques de l&#8217;UQAM. Ça augmente la publicité en général, et la compétition demande de nouvelles formes de marketing.</p>
<p>L&#8217;influence grandissante des marques modifie même notre vocabulaire. «On va dire qu&#8217;on s&#8217;achète un Levis plutôt qu&#8217;un jeans,» illustre Pauline Breduillieard, chercheuse à la Chaire de relations publiques et de communication marketing de l&#8217;UQAM. «Un Coca plutôt qu&#8217;un cola», renchérit Benoît Cordelier. Et un Jack Daniels plutôt qu&#8217;un whisky.</p>
<p>Le marketing direct</p>
<p>«Le T-shirt ou l&#8217;objet qu&#8217;on donne, c&#8217;est un bonus pour fidéliser, explique Benoît Cordelier. La compagnie donne, et le consommateur se sent obligé d&#8217;acheter pour être conforme envers lui-même. Il est interpelé. C&#8217;est du marketing direct.» Même les T-shirts marginaux ou choquants démontrent des liens d&#8217;appartenance. «Le vêtement est un acte d&#8217;allégeance à un groupe. Il marque un territoire», affirme le chercheur. «Il faut que ça corresponde à nos valeurs», nuance Pauline Breduillieard. «Le marketing est très ciblé et vise un segment précis de la population selon leur style de vie», confirme le professeur Benoît Duguay.</p>
<p>Maintenant, bien des compagnies n&#8217;ont même plus besoin d&#8217;offrir leurs produits promotionnels. Les gens les achètent d&#8217;eux-même. Ils apportent de l&#8217;argent à la compagnie tout en contribuant à propager son image. Sur le site Internet de Molson Coors, un T-shirt se vend en moyenne 20$. Même l&#8217;UQAM ne fait pas exception à la règle avec sa <a title="Un sentiment d'importance" href="http://www.journalimedia.uqam.ca/un-sentiment-dimportance/" target="_blank">section de produits à son image à la Coop</a>.</p>
<p>Les gens les portent, ces vêtements et ces objets promotionnels. «On fait de la pub une mode à porter avec fierté, constate Benoît Duguay. Ça devient presque une forme d&#8217;art moderne. Les gens trouvent ça esthétique. Ce n&#8217;est plus de la pub pour eux. C&#8217;est devenu très populaire.»</p>
<p>Selon le professeur, les T-shirt à logo ou à publicité envoient un message. «Les gens acceptent d&#8217;être des publicités vivantes pour projeter une image, soutient Benoît Duguay. Ceux qui ont une estime de soi plus faible trouvent une forme de compensation dans ces produits. Ils s&#8217;affichent en les portant.» Porter une marque, un logo ou une pub, «c&#8217;est leur manière à eux d&#8217;être mieux estimé, croit Pauline Breduillieard. Il peuvent obtenir un certain respect.»</p>
<p>«Les vêtements, ce sont des marqueurs identitaires, affirme Benoît Cordelier. Ils démontrent la culture ou la classe sociale de quelqu&#8217;un.» C&#8217;est l&#8217;instinct grégaire qui s&#8217;affirme, on aime appartenir à un groupe. «Quand on porte un T-shirt arborant une marque de bière, ça montre notre appartenance au monde qui a fait la fête. Ça crée de la communication autour de soi, comme un code de communication vestimentaire.»</p>
<p>«Que ce soit de la publicité ou non, je ramène tout ça à l&#8217;image de soi, conclut Benoît Duguay. L&#8217;image de soi, c&#8217;est fondamental chez l&#8217;être humain. On la construit et on la défend. Les possessions jouent un rôle important.»</p>
<p>Victimes ou complices?</p>
<p>Le port d&#8217;une marque plutôt qu&#8217;une autre nous rattache à un groupe, qu&#8217;on le veuille ou non. On ne peut échapper au jugement par le vêtement. «On ne peut pas dire <em>Moi, les codes vestimentaires, je m&#8217;en tamponne!</em>», rigole Benoît Cordelier. À moins d&#8217;être arrivé à un certain niveau social. Benoît Cordelier donne l&#8217;exemple du riche qui pourrait rouler en Mercedes, mais qui choisit de rouler en deux chevaux. «Il n&#8217;a plus besoin de se prouver. La Mercedes a été empruntée par la bourgeoisie, pour avoir l&#8217;air d&#8217;être de la classe sociale supérieure. Le riche a abandonné son ancien code et montre qu&#8217;il est détaché des choses matérielles.»</p>
<p>Mais la majorité de la population n&#8217;a pas ce luxe. Le jugement par le vêtement persiste. «Le phénomène a pris de grandes proportions, remarque Pauline Breduillieard. Surtout chez les jeunes, au moment où l&#8217;on se construit socialement. Ça devient un besoin identitaire. Parfois, c&#8217;est la seule façon qu&#8217;ils ont de se reconnaître.» Même les jeunes adultes ne font pas exception. «Certains se privent de ce qu&#8217;ils auraient besoin pour acheter le dernier T-Shirt, de façon à rester dans le groupe, déplore la chercheuse. Les marques prennent de plus en plus d&#8217;importance. Si c&#8217;est le seul moyen de sortir la tête de l&#8217;eau, de se faire accepter&#8230;» Son collègue poursuit. «Si vous n&#8217;êtes pas capable de vous en détacher, ça devient un problème.»</p>
<p>«Il n&#8217;y a rien de mal à ça, utiliser un symbole pour définir notre image, affirme Benoît Duguay. Mais si tu n&#8217;utilises que des symboles, ça devient un problème. Accorder trop d&#8217;importance aux symboles augmente la consommation, qui mène à l&#8217;hyper-embêtement, qui mène à la crise financière.» Mais le professeur se garde bien de voir les consommateurs comme des victimes. «Les gens ne sont pas obligés d&#8217;acheter! Ils sont des complices, pas des victimes.»</p>
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		<title>40 ans, 40 chaises démontées</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 17:38:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie à l'UQAM]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_7291" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/40-ans-uqam.jpg"><img class="size-full wp-image-7291" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/40-ans-uqam.jpg" alt="Karine Galarneau et Judith Portier démontent leur oeuvre «40 ans, 40 chaises» sur la Place Pasteur. L'oeuvre pour les 40 ans de l'UQAM y siégeait depuis septembre." width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Karine Galarneau et Judith Portier démontent «40 ans, 40 chaises» sur la Place Pasteur. Leur oeuvre célébrait les 40 ans de l&#39;UQAM et  siégeait depuis septembre. Photo Florence Tison.</p></div>
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		<title>Les Américains seront longtemps malades</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 17:26:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[International]]></category>

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		<description><![CDATA[La réforme du système de santé aux États-Unis ne sera pas pour demain. Le changement, bien que nécessaire, se heurte à de vives oppositions. Le processus d&#8217;exécution d&#8217;un projet de cette envergure est très lent. C&#8217;est ce qui ressort de la conférence «Réforme du système de santé américain: Quels maux? Quels remèdes?» organisée par la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La réforme du système de santé aux États-Unis ne sera pas pour demain. Le changement, bien que nécessaire, se heurte à de vives oppositions. Le processus d&#8217;exécution d&#8217;un projet de cette envergure est très lent. C&#8217;est ce qui ressort de la conférence «Réforme du système de santé américain: Quels maux? Quels remèdes?» organisée par la Chaire Raoul-Dandurand à l&#8217;UQAM mardi le 3 novembre.</p>
<div id="attachment_7205" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/raforme-systame-santa-a-u.jpg"><img class="size-full wp-image-7205" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/raforme-systame-santa-a-u.jpg" alt="Quels maux? Quels remèdes? Photo Florence Tison" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Frédéric Gagnon, Ronald Klirk, Claude Castonguay et Don Boudria à la conférence «Réforme du système de santé américain: Quels maux? Quels remèdes?» Photo Florence Tison</p></div>
<p><span id="more-7012"></span>Les compagnies d&#8217;assurance-santé, le personnel médical et même des gens de la classe moyenne sans assurance ne veulent pas de changement. Pourtant, 47 millions d&#8217;Américains ne sont pas couverts, un nombre plus élevé que la population du Canada. «C&#8217;est l&#8217;un des problèmes majeurs aux États-Unis», constate l&#8217;ancien sénateur Claude Castonguay, dont le nom est souvent associé à l&#8217;assurance-maladie.</p>
<p>«L&#8217;autre côté (les républicains) a convaincu les gens que le gouvernement est le croque-mitaine, dénonce l&#8217;ex-représentant démocrate au Congrès Américain Ronald Klink. Ils ont réussi à persuader la classe moyenne que le gouvernement ne doit pas diriger de réforme.» Selon le démocrate, même les personnes âgées s&#8217;opposent au changement, de peur de perdre leur Medicare. L&#8217;assurance-santé pour les personnes de plus de 65 ans est pourtant déjà un programme gouvernemental.</p>
<p>Certains opposants soutiennent que l&#8217;administration d&#8217;un tel système de santé serait trop lourde, voire impossible dans plusieurs états populeux. «Pourtant, souligne l&#8217;ancien député ontarien Don Boudria, l&#8217;Ontario a une population de 12 millions et y arrive. Les États-Unis le font déjà dans le secteur privé! La compagnie Etna a 18 millions de clients.»</p>
<p>Des compagnies d&#8217;assurance vampires</p>
<p>Le lobby des compagnies d&#8217;assurances freine la réforme. «Les compagnies d&#8217;assurance paient des millions de dollars pour garder le système actuel,» s&#8217;indigne Ronald Klirk. Dans ce système, les employeurs de plus de 25 travailleurs doivent fournir une assurance-santé à tous. Les compagnies d&#8217;assurance privées remboursent totalement ou en partie les soins reçus.</p>
<p>Souvent, les patients doivent d&#8217;abord payer leurs soins et ensuite être remboursés par leur assurance, s&#8217;ils en ont les moyens au départ. Si l&#8217;on change de compagnie d&#8217;assurance, la nouvelle peut refuser de rembourser les frais liés à une maladie si elle juge que son client en souffrait déjà avant. «Quand on change d&#8217;emploi, on ne peut pas apporter son assurance avec soi,» déplore Ronald Klink.</p>
<p>L&#8217;influence des assureurs «donne moins de contrôle au gouvernement sur les instances de santé, souligne Claude Castonguay, et pas de contrôle sur la distrubution de soins.» Une région peut bénéficier d&#8217;un excellent service de radiologie, et une autre d&#8217;aucun service de ce genre. Dans un système public comme celui du Canada, compare Don Boudria, les soins sont équitablement répartis pour assurer à chacun «un accès raisonnable sans frais ni mesure restrictive».</p>
<p>Hausser l&#8217;espérance de vie</p>
<p>Une personne assurée a 40% plus de chances de vivre plus longtemps qu&#8217;une personne qui ne l&#8217;est pas. Comme 47 millions de gens n&#8217;ont pas d&#8217;assurance aux États-Unis, un système public est impératif «pour développer de meilleures habitudes de vie dès l&#8217;enfance et éviter les problèmes d&#8217;obésité, d&#8217;AVC et de tension artérielle, énumère Ronald Klink. En ce moment, on a un <em>Sick Care System</em>, pas un <em>Health Care System</em>. 20% de la population utilise 80% des services médicaux!»</p>
<p>Un système de santé public coûte cher, estime l&#8217;ancien député ontarien Don Boudria, mais l&#8217;inaction coûte encore plus et abaisse l&#8217;espérance de vie. Les Américains dépensent 16% de leur PIB en santé. Le Canadiens n&#8217;en dépensent que 12% et sont tous couverts. «Les statistiques de la santé démontrent que l&#8217;espérance de vie est plus courte aux États-Unis qu&#8217;au Canada, que la santé en général est moins bonne, et tout ça pour des coûts plus élevés,» remarque l&#8217;ex-sénateur Claude Castonguay. Pour économiser, il faudrait des dossiers médicaux qui suivent les patients partout au pays et des centres médicaux dans toutes les communautés.</p>
<p>«Le système de santé canadien a connu une très lente évolution et une résistance au changement, rappelle Don Boudria, même s&#8217;il n&#8217;était pas sujet à la même pression. Le gouvernement canadien a passé par-dessus les assureurs pour y arriver.» Au Canada, il y a les problèmes d&#8217;engorgement des urgences, de manque de personnel de la santé et de la vaccination contre la Grippe A (H1N1) Mais les résultats sont satisfaisants dans l&#8217;ensemble, assure Claude Castonguay. «Le système de santé public est la mesure sociale la plus populaire depuis son instauration.»</p>
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		<title>Prochaine station: Simon Bertrand</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 17:23:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie à l'UQAM]]></category>

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		<description><![CDATA[Simon Bertrand transporte son atelier dans la Galerie de l&#8217;UQAM du 23 octobre au 21 novembre. Ou plutôt, nuance-t-il, «j&#8217;apporte mon travail, pas mon atelier. Mon atelier est beaucoup plus bordélique que ça!» Trois stations de travail artistique sont installées dans la salle. Le finissant à la maîtrise en arts visuels et médiatiques fait la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Simon Bertrand transporte son atelier dans la Galerie de l&#8217;UQAM du 23 octobre au 21 novembre. Ou plutôt, nuance-t-il, «j&#8217;apporte mon travail, pas mon atelier. Mon atelier est beaucoup plus bordélique que ça!» Trois stations de travail artistique sont installées dans la salle. Le finissant à la maîtrise en arts visuels et médiatiques fait la navette entre les trois. L&#8217;artiste de 29 ans travaille et échange avec les visiteurs par la même occasion. Visite de l&#8217;exposition «Simon Bertrand. Dessiner, assembler, transcrire».</p>
<div id="attachment_7215" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/simon-bertrand-1.jpg"><img class="size-full wp-image-7215" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/simon-bertrand-1.jpg" alt="Simon Bertrand transcrivant la Bible. Photo Florence Tison" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Simon Bertrand transcrivant la Bible. Photo Florence Tison</p></div>
<p><span id="more-7036"></span>Debout, les genoux un peu fléchis, Simon Bertrand travaille à la station de transcription. Sur une immense feuille de papier de cinq mètres de longueur et d&#8217;un mètre et demi de largeur, il transcrit la Bible. Au complet. Il écrit à l&#8217;encre noire, en lettres rondes hautes d&#8217;à peine plus qu&#8217;un milimètre. En neuf mois, il a transcrit à peu près 500 pages et rempli le cinquième de sa gigantesque feuille de papier. S&#8217;il continue comme ça, il devrait pouvoir faire entrer complètement la Bible sur sa feuille.</p>
<p>Le texte, «on le voit en entier, mais on ne peut pas tout le saisir», explique le finissant. Les lignes s&#8217;enchaînent et forment ensemble comme de la neige sur un écran. «Le truc, c&#8217;est de toujours garder l&#8217;écriture à la même grosseur. Si la première ligne est droite, le reste devrait suivre.» Quand Simon se trompe dans une phrase, il rature. Le texte est ponctué de ces petites traces d&#8217;erreurs. «Quand le verset est intéressant, je me concentre sur ce que je lis et je me rends souvent compte que j&#8217;ai raté un mot. Par contre, lorsque le passage est ennuyeux et que je pense à autre chose en transcrivant, je ne fais aucune faute!» s&#8217;émerveille l&#8217;artiste.</p>
<p>Droit devant l&#8217;entrée, c&#8217;est la station de dessin. De grandes feuilles de papier sont punaisées au mur. Simon a dessiné sur chacune un seul cercle à la craie noire. Il veut «apprendre à faire un cercle parfait à main levée». Dans un geste fluide partant de l&#8217;épaule, Simon Bertrand tourne et tourne son bras en tentant de tracer un cercle d&#8217;un mètre de diamètre. Les cercles se superposent jusqu&#8217;à ce qu&#8217;ils forment un disque épais de quelques centimètres. L&#8217;exercice peut prendre d&#8217;une semaine à un mois par feuille. Le cercle parfait n&#8217;est jamais venu. «C&#8217;est impossible. Mais je développe ma technique et le dernier cercle me satisfait beaucoup!»</p>
<div id="attachment_7218" class="wp-caption alignnone" style="width: 235px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/simon-bertrand-3.jpg"><img class="size-full wp-image-7218" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/simon-bertrand-3.jpg" alt="La station d'assemblage et celle de dessin. Photo Florence Tison" width="225" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">La station d&#39;assemblage et celle de dessin. Photo Florence Tison</p></div>
<p>Par terre d&#8217;un côté de la salle, il y a un fouillis d&#8217;objets de toutes sortes. En s&#8217;approchant, on remarque que ces objets sont attachés ensemble pour former des sculptures rappelant les Ready-made de Marcel Duchamp. «Des assemblages», préfère Simon Bertrand. Un tas de choses non assemblées reste dans le coin, avec un coussin devant pour asseoir l&#8217;artiste, et plusieurs bobines de ficelle, de corde et de ruban adhésif. Il attrape de façon mécanique plusieurs objets qu&#8217;il attache ensemble, «tac, tac, tac, ça y va». Si le résultat a l&#8217;air trop placé, il tord et écrase. «J&#8217;ai même déjà lancé l&#8217;un des assemblages!» s&#8217;amuse l&#8217;artiste. Certains objets choisis ont de la valeur, d&#8217;autres pas. Il a déjà utilisé des os de poulet, des cosmétiques, des cheveux de son fils, une veste de sauvetage, et même son propre téléphone. «Ma blonde n&#8217;était pas contente. On a dû en acheter un autre.»</p>
<p>Selon Simon Bertrand, l&#8217;idée derrière cette exposition est de «poser un regard critique sur la pratique artistique, l&#8217;idée de perfectionnement, de remise en question, le &laquo;&nbsp;on recommence, on recommence&#8230;&nbsp;&raquo;.» L&#8217;exposition est la mise en place d&#8217;un mécanisme de création au cours duquel Simon peut être «complètement ailleurs» tout en continuant de travailler. Son oeuvre, qui ressemble beaucoup à de la performance, se situe «entre le produit fini et le <em>work-in-progress</em>. Ce sont des exercices qui se répètent dans le temps.»</p>
<p>Depuis septembre, Simon Bertrand enseigne les arts visuels au cégep Saint-Laurent. Il montera une autre exposition en septembre prochain à la Maison de la culture Marie-Uguay, à Montréal.</p>
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		<title>Le prix de la passion</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2009 16:05:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Les étudiants québécois doivent parfois choisir entre un domaine qu&#8217;ils aiment et un autre avec un taux de placement de 100% et un salaire confortable. Les étudiants en arts de l&#8217;UQAM ont fait leur choix, pour le meilleur et pour le pire.

Émilie Morin a terminé un baccalauréat en danse contemporaine profil interprétation en 2006. Vit-elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les étudiants québécois doivent parfois choisir entre un domaine qu&#8217;ils aiment et un autre avec un taux de placement de 100% et un salaire confortable. Les étudiants en arts de l&#8217;UQAM ont fait leur choix, pour le meilleur et pour le pire.</p>
<div id="attachment_6423" class="wp-caption alignnone" style="width: 310px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/amilie-morin.png"><img class="size-full wp-image-6423" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/amilie-morin.png" alt="Émilie Morin dans 12nakedgueules de Normand Marcy. Photo Véronique Béland." width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Émilie Morin dans 12nakedgueules de Normand Marcy. Photo Véronique Béland.</p></div>
<p><span id="more-6280"></span></p>
<p>Émilie Morin a terminé un baccalauréat en danse contemporaine profil interprétation en 2006. Vit-elle de la danse, maintenant? «Définitivement pas! s&#8217;exclame-t-elle. La danse représente 10% de mes revenus annuels. J&#8217;ai des cachets de plus en plus souvent quand je participe à un projet, mais je ne suis pas rémunérée pour les répétitions.»</p>
<p>Un spectacle peut représenter plusieurs répétitions par semaine, pendant quatre à cinq mois. Le salaire est maigre lorsque l&#8217;on considère le temps investi. «Dans mon cas, ça peut aller jusqu&#8217;à 700$, confie Émilie. J&#8217;étais consciente d&#8217;étudier dans un domaine qui n&#8217;allait pas me rapporter beaucoup d&#8217;argent. La danse, on ne peut pas vivre de ça complètement. Au mieux, on travaille huit mois et on est sur l&#8217;assurance-chômage le reste de l&#8217;année. Mais dans le milieu, le chômage est mal vu.»</p>
<p>Un milieu ardu</p>
<p>«La danse, c&#8217;est difficile, reconnaît René André Hervieux, conseiller en orientation à l&#8217;UQAM. Un comédien peut toujours se débrouiller avec la pub ou le doublage, mais pas un danseur. De plus, une carrière se termine à 40 ans, ou aussitôt que l&#8217;on se blesse.» Ce qui n&#8217;est pas encore arrivé à Émilie: «Je touche du bois!»</p>
<p>Dans les arts visuels, la situation est aussi difficile, si ce n&#8217;est que la carrière démarre généralement après 40 ans. D&#8217;ici là et même après, le revenu principal vient d&#8217;un deuxième emploi, de subventions ou de galeries d&#8217;art, si l&#8217;artiste a la chance de se faire suivre par un galeriste. «Il faut de la volonté et de la persévérence», souligne François Lacasse, directeur du programme d&#8217;arts visuels et médiatiques de l&#8217;UQAM.</p>
<p>La Politique d&#8217;intégration des arts à l&#8217;architecture et à l&#8217;environnement des bâtiments et des espaces gouvernementaux et publics peut aider les artistes en arts visuels. La «politique du 1%» oblige l&#8217;entrepreneur immobilier à investir 1% du coût des travaux de construction dans des oeuvres d&#8217;art. C&#8217;est «une issue intéressante pour quelqu&#8217;un qui veut gagner sa vie», remarque le directeur. Par contre, le programme s&#8217;adresse surtout à la sculpture, un art plus durable que la peinture.</p>
<p>Marie-Anne Letarte, maître en étude des arts qui travaille comme édimestre pour la Commission scolaire de Montréal, croit que la politique du 1% s&#8217;adresse à «des artistes déjà établis», pas à n&#8217;importe lequel finissant. Elle ajoute que «la politique du 1%, c&#8217;est une belle initiative. Mais ça pourrait être 60%. Pourquoi ne pas étendre l&#8217;art ailleurs qu&#8217;aux grandes institutions? Ça devrait faire partie de la vie, pas juste être quelque chose de joli ou de &laquo;&nbsp;questionnant&nbsp;&raquo;!»</p>
<p>«Le domaine des arts, c&#8217;est un domaine de grande passion, estime René André Hervieux. C&#8217;est un choix vocationnel.» Sans compter que la moitié du travail se donne sous forme de contrat. Ceux qui vivent de leur art après leurs études «sont assez rares, affirme le directeur François Lacasse. Il faut accepter d&#8217;avoir un deuxième travail et de ne pas vivre nécessairement riche. J&#8217;ai vu beaucoup de finissants travailler dans les bureaux de l&#8217;UQAM.»</p>
<p>Les subventions</p>
<p>Les subventions peuvent faire une énorme différence. Les artistes se les arrachent. Le Conseil des Arts et des lettres du Canada est le plus gros fournisseur de subventions artistiques. Plus de 50 millions de dollars sont donnés aux arts québécois en 2008. Dix ans auparavant, ce chiffre était de 33 millions. Ça semble une grosse augmentation, mais «le gouvernement conservateur a subventionné des trucs qui n&#8217;en avaient pas besoin», soutient René André Hervieux. Ceux qui avaient vraiment besoin de subventions en ont eu moins.</p>
<p>L&#8217;enveloppe de l&#8217;Aide aux artistes en arts visuels s&#8217;est resserrée de 600 000$ en dix ans. Le nombre d&#8217;artistes visuels, lui, augmente. Dans le milieu de la danse, aucune subvension n&#8217;a été octroyée au Programme d&#8217;aide aux diffuseurs. En 1998, les diffuseurs du Québec pouvaient au moins compter sur 250 000$. Si les diffuseurs sont pauvres, les jeunes chorégraphes et danseurs peinent à se produire. «Pourtant, dans les années 1970 à 1980, Montréal était la plaque tournante mondiale de la danse», s&#8217;étonne René André Hervieux.</p>
<p>Les artistes perdent beaucoup de temps à faire des demandes de subvention. «Quand on n&#8217;en obtient pas, on décide en groupe si on continue le projet de spectacle ou non, explique Émilie Morin. Si on continue, on sait qu&#8217;on n&#8217;aura qu&#8217;un cachet symbolique ou rien du tout à la fin. Je commence à me demander si je devrais refuser des projets parce que je ne suis pas payée.»</p>
<p>Ce qu&#8217;il faudrait pour que ça aille mieux? Plus de subventions, d&#8217;intégration des finissants et de rayonnement. «En France, les étudiants ont plus d&#8217;avantages, illustre René André Hervieux. Ils ont de meilleurs prix pour les spectacles et les expositions. Ça prédispose un public à fréquenter les milieux d&#8217;art.»</p>
<p>La passion</p>
<p>Émilie Morin est inquiète parce qu&#8217;elle n&#8217;a pas de contrat prévu après son projet actuel. «Sur les trois chorégraphes avec qui je travaillais régulièrement, un a abandonné la création, découragé. Un autre va peut-être le suivre. Les chorégraphes plus vieux, je ne les connais pas. De toutes façons, ils travaillent toujours avec le même monde. J&#8217;angoisse. C&#8217;est vraiment, vraiment difficile. La semaine dernière, pour la première fois, j&#8217;ai pensé retourner aux études dans un autre domaine.»</p>
<p>Mare-Anne Letarte, elle, a abandonné le milieu pour réaliser des sites Internet. «Quand on n&#8217;est pas connu, on ne peut rien faire parce qu&#8217;on n&#8217;a pas d&#8217;argent, et quand on ne fait rien on ne peut pas être connu. Ma forme d&#8217;art première, je n&#8217;arrive pas à l&#8217;utiliser au travail. J&#8217;ai transposé ça du mieux que je pouvais. On arrive à rejoindre les deux aspects de la créativité.» Elle peint encore la fin de semaine.</p>
<p>La passion, on l&#8217;a ou on ne l&#8217;a pas. Émilie Morin l&#8217;a. Elle a déboursé 5000$ pour aller suivre un stage de quatre semaines à Vienne, cet été. Lorsqu&#8217;on leur demande s&#8217;ils regrettent leur choix, tous les artistes répondent «non» sans hésitation. Émilie Morin garde espoir de trouver des contrats. «C&#8217;est peut-être juste une passe, ça va remonter. Mais je n&#8217;ai pas de regrets. La danse, c&#8217;est ma passion.»</p>
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		<title>15 ans d&#8217;impro à l&#8217;UQAM</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 20:21:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Florence Tison</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vie à l'UQAM]]></category>

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		<description><![CDATA[Une poignée d&#8217;étudiants ont réclamé le droit de faire «du burlesque et du drame» mardi midi lors d&#8217;une manifestation au pavillon Judith-Jasmin. Le coup d&#8217;éclat avait pour objectif de promouvoir la Ligue d&#8217;improvisation centrale de l&#8217;UQAM (LicUQAM). À l&#8217;aube de sa 15e saison d&#8217;improvisation, des joueurs, d&#8217;anciens joueurs, des entraîneurs et d&#8217;autres collaborateurs partagent leurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_5603" class="wp-caption alignnone" style="width: 305px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/licuqaem1.jpg"><img class="size-medium wp-image-5603" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/licuqaem1.jpg" alt="Les joueurs de la saison 2009-2010 de la LicUQÀM manifestent leur enthousiame." width="295" height="222" /></a><p class="wp-caption-text">Les joueurs de la saison 2009-2010 de la LicUQAM manifestent leur enthousiasme dans le pavillon Judith-Jasmin.</p></div>
<p style="justify">Une poignée d&#8217;étudiants ont réclamé le droit de faire «du burlesque et du drame» mardi midi lors d&#8217;une manifestation au pavillon Judith-Jasmin. Le coup d&#8217;éclat avait pour objectif de promouvoir la Ligue d&#8217;improvisation centrale de l&#8217;UQAM (LicUQAM). À l&#8217;aube de sa 15e saison d&#8217;improvisation, des joueurs, d&#8217;anciens joueurs, des entraîneurs et d&#8217;autres collaborateurs partagent leurs souvenirs de la ligue avec <em>Journal (I)media</em>.<span id="more-5396"></span></p>
<p style="justify">Deux universitaires improvisateurs, Christian Laurence et Marc-Antoine Godin, fondent ImproUQAM à l&#8217;hiver 1995. Ils jouent à trois équipes au Café des arts du pavillon Judith-Jasmin. Christian Robitaille, un étudiant en théâtre, se joint rapidement à la ligue. «On se disait qu&#8217;avec les programmes de théâtre et de communication, ça n&#8217;a pas de sens qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de ligue d&#8217;impro de l&#8217;UQÀM», se souvient-il. À la session suivante, Christian Robitaille se greffe aux deux fondateurs d&#8217;ImproUQAM pour lancer la Ligue d&#8217;improvisation centrale de l&#8217;Université du Québec à Montréal. «Le &laquo;&nbsp;centrale&nbsp;&raquo;, c&#8217;était parce qu&#8217;il y avait déjà une ligue d&#8217;improvisation à l&#8217;UQAM, celle du programme d&#8217;animation culturelle, raconte Christian Laurence. Et avec un &laquo;&nbsp;c&nbsp;&raquo;, LicUQAM sonnait mieux.»</p>
<p style="justify"><strong>Des débuts «broche à foin»</strong></p>
<p style="justify">La ligue est partie avec les moyens du bord. «Nos premiers chandails avaient seulement &laquo;&nbsp;LIC&nbsp;&raquo; écrit dessus», se rappelle Christian Laurence. «On les avait achetés d&#8217;une ligue à Longueuil, qui s&#8217;appelait la Ligue d&#8217;Improvisation Comique. Patrick Huard jouait là. On a pris leurs bandes aussi.» La LicUQAM a cessé de les utiliser l&#8217;an dernier. Pour les équipes, «on avait besoin de quatre noms, et on ne voulait pas de noms de couleurs», explique Christian Robitaille. «On avait déjà la thématique de la girouette dans nos affiches d&#8217;ImproUQAM. On est allés voir dans le dictionnaire pour trouver les noms de vent les plus <em>groovy</em>.» Ça a donné l&#8217;Alizé, le Mistral, le Sirocco et le Zéphir.</p>
<p style="justify">En 1996, la LicUQÀM joue au petit Café Aquin. Si petit que «le cocus se faisait avec les spectateurs», illustre Christian Robitaille. Christian Laurence en rajoute: «Là-bas, t&#8217;es 80 pis tu veux mourir. Il y avait une grosse colonne en béton au milieu de la scène. C&#8217;était vraiment broche à foin!» Pourtant, la deuxième année, ils commencent à refuser des spectateurs: il y en a trop. C&#8217;était la saison où 70 personnes se sont présentées au camp de recrutement. «La première année était à tâtons. À la deuxième, on était partout!» se rappelle Christian Robitaille. «On a fait tellement d&#8217;animation. On jouait une petite partie pendant un évènement, une autre à la pause d&#8217;un gala. On était la gang d&#8217;acteurs de l&#8217;UQAM.»</p>
<p style="justify">La LicUQAM est lancée pour de bon. Elle remporte la Coupe universitaire d&#8217;improvisation en 1997. Ce succès sera répété quatre fois dans son histoire. L&#8217;année d&#8217;après, dans le palmarès des universités canadiennes du magazine MacClean&#8217;s, le seul point positif de l&#8217;UQAM est l&#8217;engagement étudiant. Grâce à son équipe d&#8217;improvisation, l&#8217;UQAM obtient la 1e position du palmarès des <em>Value added,</em> les valeurs ajoutées. «C&#8217;étaient les grosses années», constate Christian Laurence, qui avait arrêté de jouer pour entraîner une équipe de la LicUQAM. Maintenant, il entraîne l&#8217;équipe des Bleus à la Ligue nationale d&#8217;improvisation (LNI).</p>
<div id="attachment_5610" class="wp-caption alignleft" style="width: 258px"><a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/fradaric-barbusci.jpg"><img class="size-medium wp-image-5610" src="http://www.journalimedia.uqam.ca/wp-content/uploads/fradaric-barbusci.jpg" alt="Frédéric Barbusci en action lors d'un match de la LicUQAÀM." width="248" height="292" /></a><p class="wp-caption-text">Frédéric Barbusci en action lors d&#39;un match de la LicUQAM.</p></div>
<p style="justify">«La LicUQAM, ça a été un pivot dans ma carrière d&#8217;improvisateur», déclare Frédéric Barbusci, ancien joueur, entraîneur et arbitre. «Avant, je voulais juste faire rire les gens et avoir l&#8217;étoile du match. Là, j&#8217;ai appris à me dépasser. S&#8217;il n&#8217;y avait pas eu la LicUQAM, j&#8217;aurais sûrement arrêté de faire de l&#8217;impro depuis longtemps. Je me serais tanné!» Barbusci a été nommé recrue de l&#8217;année de la LNI en 2005 et champion compteur de 2005 à 2007. «C&#8217;est le meilleur au Québec, affirme Christian Laurence, qui est également son entraîneur à la LNI. Fred Barbusci est la défénition même de ce qu&#8217;un joueur d&#8217;impro devrait être. C&#8217;est un monument.» C&#8217;est lui qui a dessiné le logo de la LicUQAM, qui est encore utilisé aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="justify"><strong>Une ligue ittinérante</strong></p>
<blockquote>
<p style="justify">«La LicUQAM, c&#8217;est la ligue la plus ittinérante au monde», remarque Alexandre Cadieux, ancien joueur de la ligue qui arbitre maintenant à la LNI. La ligue quittait les places «pas <em>cool</em>» du campus pour aller jouer à d&#8217;autres places plus agréables qu&#8217;elle perdait peu après. Comme ces locaux de pratique du programme de théâtre, à l&#8217;ancien pavillon St-Timothée, où il y avait «de la place, des rideaux». Ils n&#8217;y ont joué qu&#8217;une saison avant que le bail de l&#8217;UQAM ne se termine sans se renouveller. L&#8217;an dernier, la ligue a même quitté l&#8217;UQAM pour jouer au bar l&#8217;Alizé, sur la rue Ontario.</p>
</blockquote>
<p style="justify">Cette année, la LicUQAM inaugurera son 10e emplacement, le Grimoire, le café-bar dans le pavillon Hubert-Aquin. «Pendant des années, il n&#8217;y a pas une place qui n&#8217;a pas été envisagée, poursuit Alexandre Cadieux. L&#8217;Alizé, c&#8217;était bien, mais ce n&#8217;était pas à l&#8217;UQAM.» Pascale Renaud-Hébert, membre du Comité d&#8217;administration de la LicUQAM et capitaine de son équipe, est confiante que tout va bien aller au Grimoire. «C&#8217;est plus accessible, c&#8217;est dans l&#8217;UQAM, la bière n&#8217;est pas chère. Il y a quelques vendredis où l&#8217;on va se faire déloger par le hockey, mais c&#8217;est tout.»</p>
<p style="justify">Le camp de recrutement est terminé, les équipes sont choisies. Douze nouveaux joueurs se joignent à la LicUQAM cette année. «Il y a un vent nouveau, annonce Pascale Renaud-Hébert. Nouvelle salle, nouveaux joueurs&#8230; La ligue est en effervescence.» Alors, ça va rester pour longtemps, la LicUQAM? «J&#8217;en suis sûre et certaine. Les anciens savent bien transmettre le flambeau.» Ainsi que le burlesque et le drame.</p>
<p style="justify">Les matchs de la LicUQAM ont lieu tous les vendredis à 20h au Grimoire.</p>
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