En 2005, 200 000 étudiants québécois ont tenu une grève pendant plus de 50 jours. Même des associations étudiantes traditionnellement opposées aux grèves, comme les HEC ou l’association des étudiants de l’école des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), se sont jointes au mouvement. L’enjeu? Le remboursement des 103 millions de dollars éliminés du budget de l’aide financière aux études et bien plus. Le système d’éducation était menacé.
À la fin de l’hiver 2005, alors que les Montréalais étaient sortis sur les terrasses pour boire leur premier café ou bière à l’extérieur, des centaines d’étudiants en science politique de l’UQAM sont soudainement sortis dans la rue pour manifester, et ce, sans aucun permis ni aucune organisation. Les spectateurs paisiblement assis, profitant de l’air printanier, ont spontanément applaudi les grévistes. Ils venaient de reconduire la grève.
Ce débrayage non planifié a particulièrement marqué l’étudiant à la maîtrise en sociologie, Edouard Malpica. Il a ressenti un sentiment jamais égalé au cours de ses études universitaires. «Tu cesses d’être une personne, tu deviens une partie d’un tout et tu as vraiment l’impression de faire quelque chose.» Anciennement étudiant en science politique, Edouardo Malpica, se souvient avec nostalgie de cette année où toute la population uquamienne a été mobilisée pour une seule cause.
En 2005, «les gens allaient aux assemblées générales, car on sentait réellement qu’on ne pourrait pas obtenir de modifications au niveau de l’éducation, sans changement de société». La question pécuniaire semble également influencer la participation des étudiants au mouvement étudiant, selon M. Malpica. «Quand ça te frappe dans le portefeuille, ça te fait réagir!» lance-t-il.
Les étudiants sont sortis gagnants de cette aventure, mais «ils sont toutefois retournés à reculons, à genoux, à l’UQAM», croit Edouardo Malpica. Depuis, l’étudiant observe que la popularité de la vie associative étudiante a diminué.