Dans ma télé
Par foisy.philippe_vincent • 5 nov, 2009 • Catégorie: Culture« Dans ma télé, c’est trois diplômés en télévision qui en mangent et qui veulent transmettre leur passion. » C’est ainsi que se décrivent les trois membres de Dans ma Télé, ex-étudiants de l’UQAM en télévision. Qu’est-ce qui se cache derrière ce site Web?
Prologue
Au début de son bac, Pierre-Luc Cloutier a lancé blogtélé.ca dans le cadre d’un cours. C’était au début de Facebook, il était dans les tous premiers blogues au Québec. « J’avais quinze lecteurs dans une journée et j’étais excité! » lance-t-il en souriant.
« Ce qui l’a vraiment lancé, c’est le fiasco de la famille Dion à l’émission On a pas toute la soirée, » raconte sa collègue Marie-Claude Lévesque. On se souvient qu’un certain 5 novembre 2007, Éric Salvail recevait en studio Maman Dion et qu’en cadeau, la famille Dion avait tenté de chanter Il était une fois des gens heureux. À deux reprises, la famille s’est mélangée, ce qui a donné lieu à un moment de télévision assez comique… ou honteux.
Deux jours plus tard, Pierre-Luc a décidé de mettre en ligne la vidéo. Ne sachant pas si c’était moralement acceptable de la diffuser largement, il a conclu en écrivant : «Laissons les spectateurs choisir s’ils ont envie de l’écouter.» Les spectateurs ont choisi : le lendemain, la une du cahier Arts et Spectacle de La Presse se lisait : «Raté à TVA, Succès sur YouTube». Deux jours plus tard, on comptait plus de 100 000 visionnements. «C’est là que j’ai compris le potentiel de Facebook et du web», affirme le jeune homme.
Amour de jeunesse
Son amour de la télévision a trouvé deux âmes sœurs au sein de son baccalauréat : Annie Fortin et Marie-Claude Lévesque. «On était ceux qui écoutaient le plus de télé, ceux qui aimaient le plus ça», explique Marie-Claude. Ils ont donc décidé de critiquer ce qui les passionnait. C’est ainsi que l’émission Dans ma télé est née sur les ondes de la CHOQ.FM, la radio web de l’UQAM. « Ça ne se faisait pas, une émission à la radio qui parle de télévision ! » s’exclame Marie-Claude. Rapidement, ils reçoivent des artisans de la télévision québécoise, de Rémi-Pierre Paquin à Pierre Dion, le président de TVA, en passant par François Avard. Ces entrevues étaient filmées et diffusées sur le site de blogtélé, qui, lors de l’été 2008, a été appelé à disparaître au profit de dansmatélé.ca (DMT), l’actuelle plateforme.
Virage vers la liberté
«On a ensuite fait notre virage web-télé», blague Marie-Claude. L’équipe de DMT a lancé son site, qui permet une visibilité et une plateforme pour créer du contenu vidéo plus intéressant.
Le Web offre une grande liberté dans le contenu, mais aussi dans la façon de faire les choses. « Avec la radio, on produisait notre émission une fois par semaine, dans un horaire fixe», rappelle Pierre-Luc. «Maintenant, on fait ce qu’on veut, » ajoute Marie-Claude. Les trois comparses peuvent décider du lancement qui leur plaît, de l’artiste qui semble le plus digne d’intérêt. Ils créent ainsi des capsules à leur image qui semblent combler certains auditeurs puisque, sans vouloir révéler le nombre d’internautes qui naviguent sur le site officiel, Pierre-Luc laisse entendre qu’environ 15 000 personnes ont vu les vidéos sur YouTube.
D’étudiant à Créateur autonome
«En fin de compte, je me retrouve à être davantage producteur qu’animateur… » se désole Pierre-Luc, qui préfère être devant la caméra. En fait, lors de la création d’un clip, Pierre-Luc, qui a préalablement organisé un entretien, réalise ses entrevues sur le terrain avec un caméraman, souvent un étudiant de l’UQAM. Il s’occupe ensuite du montage et de la mise en ligne. L’implication est plus grande, mais l’équipe de DMT garde ainsi le contrôle sur le contenu.
«On a cependant dû refuser plusieurs opportunités de travail qui se sont offertes à nous pour pouvoir continuer à se consacrer à DMT,» raconte Pierre-Luc. Les revenus publicitaires générés par le site sont suffisants pour couvrir uniquement les coûts d’hébergement, et il n’existe aucune subvention liée au contenu Web.
Selon Pierre-Luc, on assiste présentement à une révolution comparable à celle qui a été vécue lors de l’avènement de la télévision, et les organismes publics, comme le CRTC, doivent s’adapter pour préserver une saveur québécoise dans la web-télé. Les États-Unis, dont la population est plus nombreuse, jouissent d’un plus grand marché et ont un peu plus de facilité à migrer vers Internet. Toutefois, afin d’éviter que seulement des créations américaines soient présentées au Québec, il est important que des actions soient prises afin de favoriser l’émergence d’un contenu original québécois, s’entendent pour dire les trois créateurs.
foisy.philippe_vincent est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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