Documentaire 2.0
Par foisy.philippe_vincent • 15 oct, 2009 • Catégorie: InternationalLe web et les technologies numériques démocratisent le documentaire en zones de conflit et permettent à de plus en plus de cinéastes de scruter le globe une caméra à la main. C’est ce qui s’est dégagé la conférence «faire du cinéma engagé à l’air du numérique» qui s’est tenue le 11 octobre dernier au Coeur des Science de l’UQAM.
Présentée dans le cadre du Forum social Québécois 2009, la conférence était axée sur les méthodes de production ainsi que sur les situations en zones de conflit.
L’aspect le plus intéressant était la diversité des conférenciers qui avaient tous beaucoup d’expérience dans le film engagé, mais qui étaient issus de générations différentes. Par exemple, Patricio Henriquez, réalisateur de plusieurs documentaires dont Yasser Arafat et les Palestiniens, travaillait avec le père de Santiago Bertolino, son voisin à la table de conférence.
Ce dernier représentait le mieux la nouvelle vague de cinéastes qui peuvent profiter du numérique pour faciliter leur production.«Moi, j’aime mieux partir seul avec ma caméra et mon micro-cravate», a-t-il lancé. Il apprécie la liberté que cela lui procure. «Je peux travailler à mon rythme», a-t-il ajouté.
Cette attitude contraste avec celle de Carmen Garcia qui a réalié et produit plusieurs documentaires dont l’effet Boeuf et l’Affaire Coca-Cola. «Je suis plus de la bourgeoisie de production», a-t-elle répondu à M. Bertolino. En fait, Mme Garcia est de la génération qui a appris à travailler avec de l’équipement lourd qui forçait une grande équipe de tournage à se déplacer sur le terrain.
Pour les conférenciers, le nouvel équipement entraîne une démocratisation du film engagé. Ceci permet à de plus en plus de cinéastes de se rendre dans les zones de conflit afin d’y réaliser un film.
Le dangers des zones couvertes n’en est pas pour autant diminué. «C’était la première fois que je faisais mon testament», a avoué M. Henriquez avec le sourire lorsqu’il a abordé son voyage en Afghanistan. Il a ajouté que c’était la confiance «aveugle» en son accompagnateur qui lui a sauvé la vie.
Les assurances jouent un rôle majeur dans la production. Outre celles pour le matériel de tournage, la plupart des diffuseurs demandent aussi des assurances pour éviter les poursuite en diffamation ce qui empêche la diffusion à la télévision de plusieurs films, qui sont donc présentés sur le Web.
«Un autre avantage, a affirmé M. Bertolino, c’est que tu peux montrer le développement de ton film. Tu ne le laisses pas dormir. Ça te crée un auditoire.» Un auditoire qui risque par la suite d’apporter un soutien financier qui va permettre la diffusion dans un salle de cinéma qui est, selon Patricio Henriquez, le meilleur médium de diffusion puisque la salle réagie tout au long de la projection.
Les technologies numériques présentent aussi un avantage considérable puisqu’elles permettent un suivi après le film avec les principaux acteurs. Selon Carmen Garcia, les blogues sont la planche de salut des documentaires vu l’intéraction avec le public et les acteurs. Ils permettent au documentaire de rester en vie.
«On ne fait pas ce métier pour s’enrichir, c’est la passion qui est notre salaire», a conclu Patricio Henriquez.
foisy.philippe_vincent est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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