L’UQAM a du pain sur la planche
Par Marie-Ève Potvin • 30 oct, 2008 • Catégorie: Sport
Deux disciplines, quatre équipes, l’UQAM est loin derrière les autres universités montréalaises en termes de représentation dans les sports d’excellence. Elle est considérée par plusieurs comme « l’enfant pauvre » du sport interuniversitaire. Les journalistes de (i)média ont fouillé la question.
Très rares sont les étudiants qui ont choisi l’UQAM afin de faire partie des équipes sportives. Benoît Huot, médaillé des jeux paralympiques de Beijing, explique son choix. « Personnellement, j’ai choisi d’étudier à cette université parce que je savais que dans mon champ d’études mon programme était bien coté et que je pourrais bien réussir, mais jamais je n’aurais choisi de venir pour le sport. »
Les installations offertes aux athlètes laissent place à l’amélioration. L’établissement universitaire est situé en plein cœur du centre-ville et est facile d’accès. Cependant, le manque d’espace rend très complexe l’idée de développer un terrain de soccer ou un aréna à même le campus.
Le joueur étoile de basketball et capitaine de son équipe Arthaud Plesius affirme qu’«il est déplorable que nos équipes de soccer n’aient pas de terrain à eux. Pour ce qui est du terrain de basket, il est bien. »
L’Université du Québec à Montréal présente deux sports d’excellence, soit le basketball et le soccer. Ces Citadins ne pratiquent qu’à l’école et peuvent se rendre au Championnat national. Elle a également trois clubs à son brevet, soit le ski alpin, le badminton et le golf. Les membres doivent débourser 250$, pour couvrir les frais d’inscriptions et les lieux loués. Quant aux athlètes des Citadins, ils doivent payer un montant de 50$ par étudiant afin de couvrir leur inscription et les frais des arbitres.
La gratuité
« Porter les couleurs de l’école devrait être un privilège. L’UQAM devrait payer pour l’inscription de ses athlètes, affirme Olga Hrycak, entraîneure-chef de l’équipe de basketball masculine. Le progrès y est, mais nous perdons beaucoup de joueurs puisque l’UQAM n’appuie pas assez ses athlètes au niveau financier. Plusieurs de nos grosses vedettes sont parties vers d’autres universités qui leur ont offert de payer leurs études ou leur inscription, ou tout simplement parce qu’ils leur attribuent des bourses d’études et profitent de la générosité des commanditaires.»
Les équipes sportives élites de l’UQAM sont commanditées par Adidas, tout comme les autres équipes de la ligue. Au basketball, il est inévitable que les joueurs aient gratuitement des souliers, ceux-ci faisant partie de leur équipement. À l’UQAM, Adidas fournit une paire de souliers pour toute l’année. Les autres universités en reçoivent trois à quatre paires. « Nous sommes vus comme les enfants pauvres de la communauté des sports interuniversitaires. Je dois toujours me battre pour obtenir tout ce dont les joueurs ont besoin», souligne Madame Hrycak.
« Évidemment, nous voudrions tout donner à nos athlètes, mais le budget serré ne nous le permet pas. Nous devons payer une partie de tout ce qu’on donne aux joueurs », confie Éric Dion, animateur au Centre sportif. Depuis 2002, l’UQAM essaie de bâtir un système d’appui pour les joueurs des Citadins. Il y a plusieurs bourses offertes, dont la bourse Adidas, celle des Autobus Goudreault et la bourse Bernard-Trottier. Les étudiants doivent avoir une moyenne de 67 % et avoir réussi un minimum de dix-huit crédits pour avoir accès à ces bourses. « L’arrivée du basketball, il y a cinq ans, a énormément aidé. Évidemment, il y avait l’équipe de soccer qui existait depuis le début des années 90, mais les gens sont plus stimulés à voir une partie de basket », affirme M. Dion.
Alain Giasson, agent d’information des Services à la vie étudiant de l’Université croit que L’UQAM part de loin en ce qui concerne le sport. « Nous avons un vrai centre sportif depuis seulement dix ans » confie-t-il. La construction du Centre sportif a tardé avec le scandale olympique de 1975-1976. Rappelons que le gouvernement avait refusé de payer pour des installations sportives tant et aussi longtemps que la dette du Stade olympique ne serait pas réglée. Malgré plusieurs plans présentés au gouvernement, le Centre sportif, offert aux étudiants de l’UQAM, n’a ouvert ses portes qu’en 1997. « Tranquillement pas vite, nous faisons notre place au sein de la population sportive interuniversitaire, mais il est toujours important de prendre en considération le contexte historique », confirme M.Giasson.
Tradition du sport?
Selon Éric Dion, le désintéressement de la population uqamienne envers le sport est au cœur de la situation. « Nous commençons à former un bassin de spectateurs pour les parties de basketball. Nous avons au moins 500 personnes. Par contre, plus de 60 % des gens présents dans l’assistance ne sont pas des étudiants, mais bien des parents, amis ou autres », affirme-t-il.
Selon plusieurs sources, l’UQAM est beaucoup plus axée sur la culture que le sport. Elle n’a pas de tradition sportive comme l’ont les autres universités, si ce n’est que d’avoir un gala consacré au sport ou plusieurs bourses, comme le veut la tradition américaine. Malgré son jeune programme sportif, l’UQAM tente, de peine et de misère, de se faire une place au sein de la communauté sportive interuniversitaire.
Marie-Ève Potvin est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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