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La bande dessinée sort de sa bulle

Par chantal-fortin.laurent-dominic • 10 déc, 2009 • Catégorie: Culture, À la une

«Je suis allé voir à droite et à gauche, mais je n’ai pas eu de réponse. Mon travail n’était pas à la hauteur. Le milieu de l’édition québécoise de la bande dessinée est un milieu difficile. La compétition est grande et les places sont limitées.» Martin Balcer a décidé de prendre le taureau par les cornes. Il a choisi de fonder sa propre maison d’édition, Axar production, pour lancer sa première bande dessinée : Le regard des autres.

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Illustration Récente de Nexus 3 par Martin Balcer

Cet ancien étudiant au certificat en bande dessinée de l’Université du Québec en Outaouais voit grand. «Il n’y a pas beaucoup de production au Québec qui choisissent de concevoir des produits « commerciables » internationalement, croit-il. Si on commence par traduire en anglais notre production, on double et même triple notre marché. C’est un peu mon but avec Axar production, de créer et de publier des oeuvres prêtes à être diffusées aux États-Unis, en Europe, et pourquoi pas au Japon!»

Il n’est pas le seul à avoir de la difficulté à se faire connaître. Ce week-end, étaient réunis au Comic Con plusieurs jeunes créateurs fébriles à l’idée de livrer leur art. Leur méthode est simple: diffuser sur le web. À l’instar des musiciens avec leur myspace, les bédéistes se servent de leurs blogues pour diffuser leur création et construire un public fidèle.

Des réseaux de socialisation comme Facebook ou Twitter permettent à ces créateurs de médiatiser leur travail et d’alimenter leurs sites sans aucun frais.

Il existe également de plus en plus de site de diffusion de la bande dessinée sur le web. Ces communautés rassemblent amateurs, éditeurs et créateurs du monde de la bande dessinée pour échanger leurs nouvelles trouvailles et encenser les réussites. Ces sites Internet offrent une visibilité jamais vue à des auteurs qui en sont parfois à leur première œuvre dans la sections comme «à découvrir» ou «BD de la semaine».

Dans le monde tangible, ces endroits existent également au Québec. Ils se nomment Planète BD, Débédés, Fichtre!, Attakus. Ces librairies, exclusivement consacrées à la bande dessinée, fleurissent ces temps-ci à Montréal. «On organise régulièrement des évènements pour faire le lien entre les artistes et les lecteurs à travers des rencontres, des discussions, des ateliers, explique François Mayeux, copropriétaire de Planète BD. On donne pignon sur rue à beaucoup d’artisans du milieu et la réponse est positive.»

À travers ces commerçants et publicistes de la bande dessinée, certains artistes ne trouvent toujours pas leur compte. C’est pour ces indépendants convaincus que le collectif Front Froid a vu le jour. «C’est un organisme qui œuvre dans la promotion de la bande dessinée québécoise, affirme Julien Paré vice président de Front Froid. C’est également des artistes de la région qui se réunissent pour créer et mettre sur pied une œuvre collective.»

L’organisme est composé de membres de tous horizons qui choisissent le contenu de l’album publié. L’adhésion est libre et chacun peut s’y joindre.

Mon pays c’est la BD

Qu’est-ce qui différencie la bande dessinée québécois de ce qui se fait ailleurs? À cette question, tous sont unanimes : «Elle est au carrefour des influences.» Christophe Magnet, chroniqueur à l’émission Dans ta bulle diffusé sur les ondes de CHOQ.FM et organisateur des 48 heures de la bd à l’UQAM, nous parle de l’influence du style américain et du style européen sur la bande dessinée québécoise. Il mentionne également la présence de la littérature manga japonaise au sein de la production d’ici.

AFFICHE_22oct-blancL’évènement des 48 heures bd a réuni justement une partie de ce qui constitue la littérature bédésite québécoise. Parmi la vingtaine présente, on retrouvait des auteurs comme Jimmy Beaulieu, Mélanie Baillargé et François Dunloop. « C’était vraiment impressionnant de voir ces créateurs à l’œuvre. L’évènement a été une réussite et on a pu publier un collectif à l’Expozine 2009 de Montréal.»

Complice de Christophe pour l’évènement et animatrice de Dans ta bulle, Julie Delporte, elle-même bédéiste, commente l’influence de l’émission. « Alors que j’empruntais des livres à la bibliothèque Rosemont, probablement des bd, la bibliothécaire m’a confié qu’elle écoutait régulièrement notre émission pour choisir les commandes de bandes dessinées pour la bibliothèque. Je ne sais pas si on a une influence réelle, mais au moins les gens s’y intéressent.»

Julie Delporte est également jury du tout nouveau concours interuniversitaire de bande dessinée. « On m’a approchée pour ça il y a peu de temps, j’ai hâte de voir ce qu’on aura à nous présenter, affirme Julie Delporte. C’est sûr qu’être choisi comme jury ça fait drôle, mais ça fait plaisir.»

Le concours interuniversitaire de bande dessinée est une nouvelle initiative calquée sur le modèle du concours interuniversitaire de photographie, qui en est cette année à sa 24ème édition.

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Dominic Poulin

«Nous sommes très excités de voir naître ce nouveau projet, raconte Dominic Poulin, commis au SAE-activité culturelle et porte parole du concours. On s’attend à une bonne réponse des étudiants. » C’est en constatant la popularité des ateliers de bande dessinée offerts à l’université de Montréal que l’idée a germé.

«Pour le choix des jurys, on est un peu allés à l’instinct, confie Dominic Poulin. On voulait quelqu’un qui évoluait dans le milieu (Michel Rabagliatti), quelqu’un du domaine de l’édition (Gauthier Langevin du collectif Front Froid) et quelqu’un des médias (l’animatrice Julie Delporte).»

La date limite d’inscription est le 12 février prochain. D’ici là, à vos crayons!

chantal-fortin.laurent-dominic est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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