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La voix du scepticisme

Par Sophy Lambert-Racine • 3 déc, 2009 • Catégorie: Recherche

Pour Lorne Trottier, ingénieur électrique et fondateur de l’entreprise Matrox, il n’y a absolument aucun risques liés aux ondes électromagnétiques. Pour ce fervent défenseur des technologies sans-fil, les inquiétudes de la population sont beaucoup plus basées sur l’émotion que sur des faits bétons.

Lorne Trottier a écrit un article à ce sujet dans le Skeptical Inquirer

Lorne Trottier a écrit un article à ce sujet dans le Skeptical Inquirer

«Il n’y a pas de problèmes avec les ondes. En réalité, les effets de ces technologies sont surtout positifs», soutient l’ingénieur.

Lorne Trottier affirme que les normes canadiennes de sécurité en matière d’ondes sont déjà suffisamment élevées. De plus, il soutient que les normes européennes ont été abaissées beaucoup plus en réaction aux émotions de la population que parce que de réelles preuves attestaient du danger des micro-ondes. «Ça se compare à l’embargo des européens sur les produits canadiens du phoque. On déplore le fait de tuer de telles créatures, mais il n’y a pas de preuves scientifiques qui confirment que c’est dangereux pour l’espèce», illustre-t-il.

La problématique pourrait aussi être comparée à celle des organismes génétiquement modifiés, sur lesquels l’Europe a imposé un embargo par principe de précaution.

Jean-Jacques Laurin, professeur à la Polytechnique et chercheur au Centre de recherche avancée en micro-ondes et en électronique spatiale, reste lui aussi prudent face aux dangers potentiels des micro-ondes. «Je crois que les études de Santé Canada sont sérieuses. Étant donné que c’est un sujet sensible, ils sont sujets à des critiques mais je crois personnellement qu’ils sont de bonne foi», affirme-t-il.

Les deux ingénieurs soutiennent que même s’il y avait bel et bien des problèmes de santé causés par les ondes électromagnétiques, ce ne serait pas d’importance majeure. «S’il y a des effets, ce sera par exemple plus de risque d’un cancer déjà très rare, mais il n’y a pas assez de données pour constater des effets très clairs», commente M. Laurin. Le fondateur de Matrox abonde dans le même sens. «On parle de risques liés au cancer du cerveau. Ce cancer est relativement rare si on le compare au cancer du sein, par exemple», commente-t-il.

De plus, selon M. Trottier, le cas des électrosensibles doit être analysé avec précaution. Il rappelle qu’aucune étude n’a trouvé de lien de causalité entre les maux des électrosensibles et leur exposition à des ondes électromagnétiques. L’organisation mondiale de la santé suggère que les maux de ces personnes soient causés par un autre facteur environnemental ou par des problèmes psychologiques, notamment la simple angoisse qui pourrait les amener à développer des symptômes.

«Dans une étude, les chercheurs ont joué un tour aux personnes électrosensibles. On leur disait par exemple en laboratoire qu’on venait de débuter leur exposition à des micro-ondes. Immédiatement, on remarque au scan une stimulation de la zone de la douleur du cerveau de ces gens», remarque-t-il.

Tout compte fait, malgré l’angoisse ambiante, plusieurs scientifiques attendent des preuves plus solides avant d’abandonner leur scepticisme. «Je suis beaucoup plus inquiet face à l’utilisation des téléphones cellulaire au volant!», affirme M. Laurin à la blague.

Sophy Lambert-Racine est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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