Labo à louer
Par Guillaume Jacob • 10 déc, 2009 • Catégorie: Actualité, À la uneLe cinquième étage du Pavillon des sciences biologiques de l’UQAM est éclairé par les grandes fenêtres qui flanquent ses couloirs. Le silence n’est perturbé que par quelques tintements d’éprouvettes et le bouillonnement de mixtures qui mijotent. Bienvenue dans les laboratoires à louer du complexe des sciences, où des entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques souhaitent mettre de l’avant l’ingéniosité et le travail des chercheurs uqamiens.

L'architecture audacieuse du pavillon des sciences biologiques a été primée à mainte reprises. L'édifice est également certifié LEED.
« Huit entreprises louent actuellement des locaux sur les cinquième, sixième et huitième étages du pavillon des sciences biologiques », explique Alain Milette, directeur du bureau des transactions immobilières, qui s’occupe de la location des espaces commerciaux du campus universitaire. Il y a quelques années, ces espaces locatifs peinaient à trouver preneur. « Lorsque le pavillon a été inauguré en 2005, on était dans un creux au niveau du financement des entreprises biotechnologiques », rappelle le directeur.
À l’origine, la location de quelque 100 000 pieds carrés de laboratoires à des entreprises devait financer une partie des coûts de construction du pavillon des sciences biologiques. Ce pavillon fait partie du Complexe des sciences dont les dépassements de coûts ont contribué, rappelons-le, au fiasco immobilier et financier qu’a connu l’UQAM ces dernières années.
Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre, au grand plaisir de la vice-rectrice aux affaires financière, Monique Goyette. « Les espaces locatifs contribuent à payer une partie du 150 millions qui nous reste à débourser pour le projet immobilier. Maintenant, on passe à une autre étape, on veut continuer à développer l’immobilier pour les étudiants, l’académique et la recherche. »
Le recteur Claude Corbo a annoncé il y a quelques semaines un investissement de 2,8 millions de dollars pour reconvertir le quatrième étage du pavillon des sciences biologiques, toujours inoccupé, et y déménager le département de kinanthropologie, actuellement logé au pavillon de l’éducation. « En terme académique, la kinanthropologie a davantage d’affinité avec le secteur des sciences », souligne Christine Pouliot, directrice du service des immeubles et de l’équipement. C’est ce service qui supervisera le déménagement et les travaux. Ils seront financé par les gouvernements fédéral et provincial, notamment grâce au programme infrastructures du savoir, lancé dans la foulé du plan de relance économique du Canada.
L’UQAM, promoteur immobilier?
L’université de s’éloigne-t-elle pas de sa vocation première d’enseignement et de recherche en accueillant des entreprises au sein de son campus? Au contraire, croit Alain Milette, qui tient à préciser que les entreprises qui souhaitent louer des espaces doivent collaborer avec les professeurs et les étudiants de divers domaines: biologie, chimie, science de l’environnement, etc. « L’idée derrière le projet des espaces locatifs est de créer des liens entre les chercheurs, les professeurs, les étudiants et les compagnies. Ces collaborations dynamisent l’aspect académique et rattache la recherche à une activité économique plus large », renchérit sa collègue du service des immeubles et de l’équipement, Christine Pouliot.
Alain Milette cite en exemple le célèbre docteur Richard Béliveau, qui a collaboré activement avec AngioChem, une entreprise de biotechnologie qui travaille à mettre au point des médicaments novateurs pour le traitement des maladies du cerveau.
Encore de la place
Quelques milliers de pieds carrés demeurent disponibles à la location . Le responsable du Bureau des transactions immobilières a bon espoir de les combler dans la prochaine année. « Nos espaces sont très attrayants. On est situé au centre-ville et les entreprises peuvent utiliser les services disponibles sur le campus, comme l’animalerie », explique Alain Milette.
D’ailleurs, le pavillon des sciences biologiques bénéficiera bientôt d’une excellente vitrine. Il a servi de décor pour plusieurs scènes de la télé-série Trauma, qui sera diffusée à Radio-Canada cet hiver.
Guillaume Jacob est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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