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Montréal, l’île de la …corruption ?

Par Nadjib Salah • 5 nov, 2009 • Catégorie: Actualité

Après de longues semaines de campagne électorale, où scandale et corruption occupaient les manchettes, les Montréalais ont finalement refait confiance au maire sortant, Gérald Tremblay, pour un troisième mandat.

Nadjib Salah

Photo : Nadjib Salah

Gérald Tremblay, chef d’Union Montréal, a remporté le duel face à sa principale opposante, Louise Harel, en récoltant 38% des voix, contre 32% pour la candidate de Vision Montréal. Richard Bergeron, le leader de Projet Montréal, a quant à lui récolté 25% des votes.
Le faible taux de participation n’a même pas atteint la barre des 40%, soit 684 000 participants sur un total de 1,1 million d’électeurs inscrits.

Peu après l’annonce de sa courte victoire, le maire Tremblay a déclaré : « Les Montréalais ont été fortement secoués par les événements des derniers mois et particulièrement des dernières semaines. Leur confiance a été mise à rude épreuve. Les citoyens veulent des changements et nous incarnons ce changement. »

Faisant allusion aux différentes allégations de manque d’éthique, le leader d’Union Montréal a dit vouloir « réduire les investissements de la Ville, c’est-à-dire de les limiter aux engagements pris et surtout à l’essentiel, jusqu’à temps que nous ayons fait la lumière sur les rumeurs de collusion et de corruption qui existent dans le milieu de la construction. »

Retour sur cette « sale campagne »

C’est RueFrontenac.com qui a d’abord révélé des contacts entre Benoît Labonté, à l’époque chef de l’opposition officielle, et le controversé entrepreneur Tony Accurso.
Ce dernier dirige, préside, et contrôle -directement ou par ses sociétés- des dizaines d’entreprises. La plus importante, Simard-Beaudry, a obtenu le plus important contrat jamais consenti par la Ville de Montréal, soit 355 millions de dollars pour l’installation et l’entretien de 30 000 compteurs d’eau dans les immeubles industriels, commerciaux et institutionnels de l’île.

M. Labonté aurait ainsi reçu plus d’une centaine de milliers de dollars de la part de Tony Accurso pour financer sa course à la chefferie de Vision Montréal en 2008.
Suite à ces accusations et niant au départ toute relation avec ce fameux entrepreneur, il a été forcé de démissionner de son poste de chef de l’opposition officielle et de lieutenant de Louise Harel.

Quelques jours plus tard, Benoît Labonté a révélé à Marie-Maude Denis, journaliste de Radio-Canada, qu’il a bien eu des « rencontres » avec Tony Accurso, y compris un fameux souper au restaurant Da Emma, dans le Vieux-Montréal, en mars 2008.

L’ex numéro deux de Louise Harel a affirmé n’avoir jamais reçu d’argent de sa part, mais que M. Accurso en avait versé à des personnes proches de lui pour la course à la direction de Vision Montréal.
M. Labonté a dit en avoir parlé au maire Gérald Tremblay en août 2007. « Gérald Tremblay a blanchi. Il est devenu pâle. Je n’ai pas eu l’impression qu’il devenait pâle parce que je lui apprenais quelque chose. Il m’a regardé de façon candide et il m’a dit : « Tu sais Benoît, en politique municipale, c’est juste de ça ». »

Le nom de Bernard Trépanier a également été avancé pour avoir agi à titre d’intermédiaire entre Union Montréal et des sociétés d’ingénierie, et pour être en charge d’un système de ristournes où les entrepreneurs devaient reverser 3% de la somme obtenue au parti du maire.

À l’échelle provinciale

« Ce que nous regardons défiler à Montréal n’étonne aucunement », a souligné Stéphane Gendron, maire de la municipalité de Huntingdon, réélu pour un troisième mandat.
« La corruption existe sous diverses formes et elle est omniprésente dans chaque municipalité Je l’ai vécue souvent et pourtant je ne suis maire que d’une ville de 2 500 habitants. Lors de mon élection en 2003, une importante firme d’ingénieur présente partout au Québec a voulu financer ma campagne électorale. J’ai refusé », a-t-il ajouté.

Ces différents scandales ont provoqué plusieurs réactions parmi les médias et la population. En effet, plus de quatre québécois sur cinq réclament une commission d’enquête publique, mais le gouvernement Charest a résisté, privilégiant plutôt une enquête policière.
Le ministre de la Sécurité publique, M. Jacques P. Dupuis, a annoncé la mise sur pied de l’Opération Marteau par la Sûreté du Québec. Ainsi, 24 policiers et 14 employés civils spécialisés ont été assignés pour lutter contre la corruption dans le secteur du bâtiment.

Nadjib Salah est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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