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Un sentiment d’importance

Par Catherine Contant • 12 nov, 2009 • Catégorie: Actualité

Des chandails, des tasses, des balles de golf, des sacs, tous parés du logo de l’UQAM, trônent fièrement dans un présentoir qui leur est réservé à Coop UQAM. Tout cet attirail sert à favoriser le sentiment d’appartenance envers l’université, explique la directrice générale de Coop UQAM, Andrée Moro. L’UQAM a donc compris qu’il était à son avantage de susciter un tel sentiment, surtout chez ses étudiants…

La gamme d'articles promotionnels de l'UQAM

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Denis Morin est professeur agrégé en gestion des ressources humaines et il est affilié à la spécialisation de psychologie industrielle/organisationnelle du département de psychologie à l’UQAM. Il estime que le sentiment d’appartenance des étudiants envers leur université peut être très bénéfique pour l’établissement d’enseignement. « Il permet [aux étudiants] de développer de meilleures relations professionnelles et personnelles avec les membres de la communauté universitaire, explique-t-il. Par ailleurs, cette fierté à l’égard de l’université réduit l’abandon des études et donne le goût de se surpasser sur le plan de la performance académique. » Christa Japel, psychologue et professeur au département d’éducation et formation spécialisée à l’UQAM, abonde en ce sens: « Elle augmente les chances que l’étudiant persévère dans ses études. »

« Les gens ayant développé un sentiment d’appartenance envers leur établissement d’enseignement sont généralement moins portés à le quitter pour aller étudier ailleurs », affirme pour sa part Catherine Amiot, professeur de psychologie à l’UQAM. Denis Morin ajoute qu’un étudiant qui s’identifie beaucoup à son université sera porté à la recommander même après avoir terminé ses études.

Cette fierté est non seulement bénéfique pour l’institution d’enseignement, mais elle l’est aussi pour l’étudiant. Les trois professeurs uqamiens s’entendent pour dire que le sentiment d’appartenance est une importante source de bien-être pour celui qui le développe. La plupart des psychologues le considèrent même comme étant un besoin, « et c’est l’un des plus importants », précise Catherine Amiot.

Selon Denis Morin, « il faut que les étudiants développent une fierté, ça va influencer positivement leur estime personnelle. » Le professeur ajoute que le sentiment d’appartenance favorise l’intégration de l’individu dans son milieu d’études et l’encourage à développer un réseau social. « Le fait de se sentir attaché à l’université contribue directement à une expérience de vie enrichissante », résume M. Morin.

Tout n’est pas encore joué pour l’UQAM

La vente d’articles promotionnels n’est qu’un moyen parmi bien d’autres pour inciter les gens à s’identifier à leur université. « Le sentiment d’appartenance se développe par une intégration des étudiants à l’institution, et cette intégration se passe par les différents services et activités qui leur sont offerts », pense Christa Japel. Elle souligne également l’importance de la disponibilité des professeurs et du rapport qui les lie à leurs élèves: « L’étudiant doit sentir qu’il est important en tant que personne et qu’il ne représente pas seulement un être anonyme parmi d’autres. »

Denis Morin

Denis Morin, professeur agrégé au département de gestion des ressources humaines à l'UQAM

Denis Morin estime quant à lui que la présence de ressources matérielles et financières dans l’université est essentielle pour que les gens s’identifient à leur lieu d’apprentissage: « Il ne faut pas avoir l’air d’une université malade ou pauvre et sans ressources. » Il compare les étudiants à des clients et insiste sur la nécessité de leur offrir un service hors pair, surtout sur le plan de l’enseignement.

Il croit justement que le manque de ressources financières, combiné aux nombreuses grèves et à sa réputation d’université populaire, ternit beaucoup l’image de l’UQAM. Il est convaincu que plusieurs étudiants uqamiens ont une mauvaise perception de leur lieu d’apprentissage et que « le Service des communications de l’UQAM n’est pas capable de gérer l’image de l’université ».

Au contraire, Catherine Amiot et Christa Japel estiment que les Uqamiens s’identifient de façon généralement positive à leur établissement d’enseignement. À l’opposé de Denis Morin, Mme Amiot souligne la fierté de plusieurs étudiants de faire partie d’une université dite « populaire ».

Christa Japel pense toutefois que l’université a encore du travail à faire. « L’UQAM devrait valoriser la section « enseignement » dans la liste de tâches des professeurs afin qu’ils aient plus de temps à consacrer à leurs élèves, suggère-t-elle. Mais elle préfère encourager la recherche parce que cela rapporte de l’argent et du prestige, beaucoup plus que l’appréciation des étudiants. »

Pour Denis Morin, l’image que projette l’UQAM en dehors de ses murs est importante puisque le sentiment d’appartenance peut commencer avant même l’entrée de l’individu dans le monde universitaire. « L’UQAM devrait être le premier choix des étudiants lors de leur inscription à l’université », affirme-t-il.

Catherine Contant est étudiant(e) en journalisme à l'UQAM
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